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Condition #9 : machine à voter ou à tricher

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-> Transparence et confiance dans le système du vote

Le débat sur la « machine à voter »  ou machine à tricher empoisonne le processus électoral depuis des mois. Du vote électronique au vote semi-électronique, puis à la machine à voter, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a changé plusieurs fois l’appellation de cet engin, sans toutefois apaiser la controverse.

L’introduction de la « machine à voter » d’une manière brutale par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), sans concertation avec les acteurs, est devenu une des principales raisons de crise de confiance envers la Ceni. D’autant que le calendrier électoral, bien que tardif, n’en a jamais fait mention. Aujourd’hui cette machine fait l’unanimité contre elle, en dehors de la Ceni et du pouvoir. L’opposition, la société civile et les partenaires internationaux appellent à son abandon, mais la Ceni s’y oppose totalement et ne veut même pas en discuter. Les questions pratiques de fonctionnement (batteries, électricité, difficultés informatiques, …), celles liées à son utilisation (ordinateurs, écrans tactiles, …) par des électeurs qui n’ont jamais vu un ordinateur de leur vie, mais aussi celles relatives à la cyber-sécurité (piratages, transmission des données, etc) sont ainsi restées sans réponses. Il se pose aussi un problème de coût et de logistique.

Le clivage reste entier. L’Opposition exige l’abandon de la machine à voter et menace de se retirer du processus électoral. Idem pour les États-Unis qui ont considéré, devant le Conseil de sécurité, cette démarche de la Ceni comme un risque inutile. Des experts britanniques qui ont travaillé sur cette machine, disent sensiblement la mêmes chose et ont listé toute une série d’imperfections et des risques qui contredisent la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Les problèmes vont de la valeur de la machine jugée très élevée (800$ pour les experts, 1500$ pour la Ceni) au cahier des charges encore non finalisé. Autrement dit, le coût du choix du recours à la machine à voter sera supérieur à celui du vote papier. Le vote électronique n’étant rentable qu’à terme et non lors de la première utilisation. Il nous semble donc que les vraies motivations pour cette machine soient ailleurs.

Nos organisations estiment que si la machine à voter est maintenue, nous aurons des élections chaotiques. En effet, plusieurs experts informatiques mettent en garde contre d’éventuelles pannes le jour de vote. Or il n’y a pas assez des machines de remplacement. Le temps prévu pour le vote risque de compromettre le choix des électeurs. Un autre problème est celui du secret de vote, car, face à des millions des personnes qui n’ont jamais utilisé un ordinateur, il faudra une assistance étrangère. Compte tenu de tout ce qui précède, il n’est pas trop tard pour y renoncer. L’entêtement de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ne peut que donner raison à ceux qui pensent que cette machine à voter prépare une fraude à grande échelle.

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