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Condition #7 : observateurs nationaux et internationaux

Flickr/Monusco

-> La présence des observateurs nationaux et des experts internationaux

L’observation citoyenne et politique est un élément essentiel dans le processus électoral, avec des vertus importantes pour la transparence et la confiance des acteurs aux opérations et au résultat du vote. C’est pourquoi il est essentiel que l’ensemble des acteurs et institutions tant nationaux qu’internationaux puissent y participer sans entraves.

Si le processus électoral se passait dans des bonnes conditions et que les autorités avaient la confiance des acteurs et de la population, ce principe de l’observation n’aurait pas fait partie de notre liste. Mais il se trouve que la plupart des organisations de la société civile et des partis politiques de l’opposition doutent de l’indépendance et de l’impartialité de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). En outre, c’est la Résolution 2409 du Conseil de sécurité de l’ONU qui a demandé la mise en place d’un groupe d’experts (ONU, UA, SADC, CIRGL) pour accompagner la Ceni. Au nom de la souveraineté, le président Joseph Kabila refuse sa mise en place. Et nous avons également observé beaucoup d’entraves faites par la Ceni aux observateurs locaux.

Le bras de fer continue entre la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) et la communauté internationale au sujet de la présence du groupe d’experts internationaux. La Ceni et le gouvernement refusent catégoriquement la mise en place de cette structure. Les observateurs locaux n’ont pas plus accès au travail de la Ceni, en dehors des bureaux d’enrôlement. Les experts britanniques, qui ont travaillé sur la machine à voter,  ont confié à mi-parcours que le processus manquait totalement de la transparence. Par ailleurs, les nombreux appels des organisations nationales d’observation pour disposer d’un accès réel aux différentes données de la Ceni sont restés lettres mortes. Le dernier cas est sans doute cet appel lancé par la Synergie des missions d’observation citoyenne des élections (MOE-SYMOCEL) à l’organe chargé d’organiser les élections « à faciliter un audit citoyen du fichier électoral. Dans le but de dissiper toute suspicion et de créer les conditions de confiance autour du processus électoral.

Dans les conditions actuelles, si rien n’est fait, le processus électoral va droit au mur. Au sein de la Majorité présidentielle, des voix s’élèvent déjà pour s’opposer à la présence des  observateurs internationaux aux prochaines élections, au nom de la souveraineté. Quant aux observateurs nationaux, ils sont peu nombreux et, très souvent, sont tenus très loin de véritables opérations de vote. La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) ne met pas à leur disposition des informations dont ils ont besoin. Le pays risque ainsi d’aller vers des élections sans transparence, au profit d’un seul camp.

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