Cette plateforme est une initiative de cinq organisations de la société civile congolaise : l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), Agir pour des élections transparentes et apaisées (AETA), Filimbi, Les Congolais débout, et la Lutte pour le changement (Lucha).
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Condition #4 : liberté de manifester

-> La liberté pour toutes les Congolaises et tous les Congolais de manifester pacifiquement, sans crainte d’être tué, blessé ou arrêté.

En RD Congo, manifester pour exprimer son opinion est un risque qui peut conduire jusqu’à la mort. Malgré les traités et accords internationaux ainsi que la Constitution, les autorités continuent, à quelques exceptions près, à réprimer toutes manifestations de l’opposition et des mouvements citoyens.

Après les manifestations de janvier 2015 et ses dizaines des morts, le gouvernement a interdit les manifestations sur toute l’étendue de la République, en violation des dispositions constitutionnelles. Interdiction réaffirmée l’année suivante après une série des manifestations le 19 et le 20 septembre 2016 pour protester contre la non convocation du corps électoral par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Un circulaire du ministre de l’Intérieur a également été transmis aux autorités locales pour qu’elles n’autorisent plus les activités des mouvements citoyens, en particulier celles de la Lucha et de Filimbi. Depuis, à quelques exceptions près, la police réprime toutes les manifestations de l’opposition.

Malgré l’affirmation de la ministre des Droits humains à Genève sur la levée de l’interdiction de manifester, nous constatons sur le terrain que seuls les partis de la Majorité présidentielle manifestent librement, alors que les manifestations de l’opposition et de la société civile sont brutalement réprimées, comme l’ont montré les trois marches des chrétiens et leur lot des victimes. En cette période électorale, le pouvoir a laissé deux meetings de l’opposition s’organiser à Kinshasa, mais il continue à réprimer violemment les activités des mouvements citoyens et à interdire les autres manifestations de l’opposition. La Constitution est ainsi bafouée et Joseph Kabila impose la loi du plus fort.

Comment peut-on parler d’élections lorsque l’opposition est privée du simple droit de manifester ? Comment peut-on battre campagne lorsque les manifestations sont réprimées par la police et l’armée ? Notre crainte, c’est de nous diriger vers des élections sans équité ni égalité entre concurrents. Un processus électoral où l’opposition ne pourra pas défendre ses idées devant le souverain primaire. Dans ces conditions, le processus électoral nous paraît vicié d’avance et porteur des troubles.

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