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RDC : élections ou nominations  ?

Après tant de morts dans nos rangs et de souffrances pour obtenir des élections et pour sensibiliser la population sur l’importance de s’approprier un processus électoral, quelle tristesse de constater à la fin que tout cela n’aurait servi à rien.

La population congolaise serait donc adepte du masochisme selon les résultats de la CENI pour rejeter le système Kabila à travers le dauphin à plus de 70% et en même temps leur confier de diriger le pays et nos provinces avec le même nombre de pourcentage.

Nous avons des amis, des alliés qui sont passés députés mais comment les féliciter et nous réjouir de leurs « élections », lorsque nous sommes convaincus qu’à l’heure de leurs proclamations par la CENI, la compilation des résultats n’était pas encore terminée sur toute l’étendue du pays. Comment approuver des résultats qui selon nos informations ont été concoctés loin des urnes dans le but de maintenir un système répressif et corrompu en place. Comment nous sentir soulager lorsque nous nous rendons compte que l’investissement et la mobilisation de notre peuple, salués de par le monde n’ont pas été pris en compte par des dirigeants avides et assoiffés de pouvoir. Comment comprendre d’une part que ceux qui hier encore traitaient la CENI de tous les noms, puissent aujourd’hui la féliciter parce qu’ils ont été « élus » ? Comment comprendre cet acharnement des autres qui tout en criant partout que le système est corrompu, vont quand même y chercher la solution ?

La RDC malgré sa grande taille reste un grand village où tout le monde se connait et tout finit par se savoir. Nous sommes au courant des négociations secrètes qui ont permis la proclamation des résultats actuels. Nous sommes au courant des célébrations faites par certains de leurs victoires écrasantes bien avant la proclamation des résultats. Nous sommes au courant des personnes engagées et travaillant dans des endroits secrets pour modifier les résultats des élections afin de les rendre acceptables. Enfin, nous sommes au courant des listes qui ont circulé avec les noms de certaines personnes qui ne pouvaient pas perdre ces élections.

Dans ces conditions comment parler encore des élections dans notre pays ? D’où la question de savoir si nous avons eu des élections ou si nous avons plutôt assister à une proclamation ? Selon certaines données collectées par nos propres équipes sur le terrain, nous sommes en mesure de prouver que des personnes non élues au soir du vote ont été proclamées vainqueurs par la CENI. Dès lors, il appartient à chaque congolais de répondre en âme et conscience à la question posée. Pour notre part, au-delà de nos informations actuelles, nous avons la certitude qu’à très court terme tout deviendra limpide pour tous.

Nous voici donc au carrefour de l’histoire. La sagesse voudrait que lorsque l’on s’est trompé de chemin dans un carrefour, que l’on puisse revenir au point de bifurcation pour reprendre la bonne direction.

Nous n’avons cessé d’alerter que des élections avec Kabila ne servaient à rien, que ce président ne voulait rien d’autre que de conserver le pouvoir. Nous n’avons cessé de dénoncer une CENI aux ordres et incapable d’organiser des élections libres et transparentes. Dans notre baromètre paru au mois de septembre, nous avons montré que les élections en préparation ne pouvaient être que chaotiques. Personne ne nous a écouté, tout le monde a dit que l’alternance ne pouvait venir que des élections. Alors dites-nous si, après la proclamation de l’ensemble des résultats provisoires par la CENI, nous pouvons parler d’alternance ?

Le Congo est aujourd’hui paralysé, bloqué par un homme qui après avoir été roi, devient faiseur du roi et qui pense qu’il peut en étant devant la scène ou derrière celle-ci continuer à considérer le pays comme sa chasse gardée. Un nouveau président a été « élu » mais en ne disposant, avec son allié, que de moins de 10% de députés, quel va être sa marge de manœuvre ? La CENCO affirme que les résultats publiés ne sont pas ceux des électeurs, nos propres informations vont dans le même sens. Les rumeurs d’un deal secret avec l’ex-chef de l’Etat tendent à montrer que finalement sa marge de manœuvre serait limitée.

Hier, nous écrivons que tant que la question de la légitimité ne sera pas réglée, notre pays ira mal. Dans les conditions actuelles les nouvelles autorités risquent d’en manquer cruellement. Ce qui à très court terme va amplifier l’instabilité et provoquer des nouvelles crises majeures pour le pays.

Voilà pourquoi, nous pensons que le temps est venu pour l’ensemble des congolais et de tous nos partenaires soucieux de la paix et de la stabilité de notre pays de s’engager avec nous dans la recherche d’une solution définitive à la question de la légitimité de nos institutions. Le seul moyen d’y mettre fin reste à nos yeux l’organisation d’élections libres et transparentes avec l’aide des observateurs internationaux et neutres.

Pour y parvenir, la solution aujourd’hui passe par l’annulation de cette mascarade d’élections et la mise en place d’une véritable transition citoyenne. Seule solution capable de sortir notre pays du profond sommeil dans lequel il croupit depuis des décennies.

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2 Commentaires
  • Paluku Olivier
    13 janvier 2019

    Oui, j’ai aussi des preuves attestant que Martin Fayulu a été élu président de la RDC et Tshisekedi. Ça n’ira jamais en Rdc quand J.Kabila est encore là.

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  • Jp Kayembe
    14 janvier 2019

    Annuler les élections nous conduirait au maintien de Kabila car je ne vois pas par quel mécanisme cette trasition sans lui va se faire.
    L’analyse faite n’est pas du tout mauvaise mais par contre les solutions proposées risquent de n’ai jamais être mise en application.
    En outre, je ne vois la communauté internationale s’investir pour le bien des Congolais mais plutôt pour leurs propres intérêts.
    A titre d’exeample :
    On tue à Béni, cette CI ne fait rien;
    On a tué au Kasaï, la CI est restée silencieuse;

    Gambo, Cote d’Ivoire, Cameroun, Congo Brazzaville etc, qui voulaient que la CI interviennent pour le respect de leurs votes; ils n’ont jamais été entendus.

    La sincérité des leaders congolais est pour moi le seul remède qu’il faut pour changer et transformer notre nation.

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