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Retour triomphal de Félix Tshisekedi et de Vital Kamerhe à Kinshasa : une démonstration anti-Fayulu? Ou anti-Kabila?

Un jour nouveau s’est levé sur Kinshasa ce matin et si sur la route de l’aéroport rien ne semble anormal, c’est sur les réseaux sociaux que l’on trouve les récits, les photos, les chants et les vidéos de la folle journée d’hier. Un succès de foule garantie, du jamais vu à Kinshasa. Plus de trois millions des personnesbref les auto-congratulations et les satisfactions des partisans du Cap pour le changement (CACH) n’ont pour concurrents que les quolibets envers l’accueil jugé moindre reçu il y a quelques jours par Martin Fayulu, le candidat de Lamuka, l’autre regroupement de l’Opposition.

Kinshasa qui se mobilise pour l’UDPS est une donnée normale et constante de ces 30 dernières années et donc rien d’étonnant à cela. En y ajoutant les partisans de l’UNC, c’est le contraire de ce qui s’est passé hier qui aurait été triste. Ce succès obtenu, il appartient aux leaders du CACH de très rapidement fixer l’opinion sur leur stratégie pour obtenir l’alternance tant désirée par leurs partisans et par l’ensemble du peuple congolais. En effet, on le sait aujourd’hui, Félix et Vital en premier, que si le processus électoral était libre et transparent, le regroupement de l’Opposition n’avait aucune raison d’être, compte tenu de l’impopularité d’un régime aux abois… Dès lors se pose la question de savoir pourquoi l’unité de l’Opposition s’est imposée à tous pour devenir une nécessité, un idéal que les acteurs affirment continuer à rechercher ?

Nos membres avaient dès le mois de septembre tiré la sonnette d’alarme sur un processus électoral tronqué. Deux rapports successifs viennent d’être rendus publics et vont dans le même sens. Les deux rapports de GEC : « Les Elections de tous les dangers»,(http://congoresearchgroup.org/rdc-elections-de-tous-les-dangers-note-2-imbroglios-techniques/) et celui d’une partie de la société civile congolaise, le huitième rapport du réseau pour la réforme du secteur de sécurité, « Elections du 23 décembre 2018, vers un énième rendez-vous manqué pour le peuple congolais », (http://www.rrssjrdc.org/?attachment_id=16786), arrivent à la même conclusion que nos membres :

Le processus électoral en cours ne remplit pas les conditions de la transparence et de la crédibilité, nécessaire pour permettre une vraie alternance au sommet de l’État.

Dès lors l’unité de l’Opposition avait pour but principal de créer un front commun de lutte pour constituer un bloc solide en face d’un pouvoir qui ne recule devant aucun moyen pour conserver illégalement et illégitimement le pouvoir. Puissions-nous espérer que nos deux regroupements de l’Opposition ne vont pas oublier cet objectif et qu’à l’heure des choix décisifs, ils ne trahiront la confiance du peuple et de la base dont ils se réclament. D’autant plus que dans les réseaux sociaux, nous assistons plutôt à une guerre de moqueries et à des attaques entre les deux rassemblements plutôt qu’à une critique commune d’un régime qu’ils affirment combattre.

Quelle sera leur position en cas du report des élections par le pouvoir en place ?

Quelle sera leur position lorsqu’au soir des élections, la CENI aura proclamé Shadary, vainqueur ?

Que feront-ils lorsque le pouvoir appellera à un nouveau dialogue pour une énième transition, ou simplement pour une gestion commune ?

Voilà là où nous, membres de la société civile, désireuses du changement et demandant la fin d’un système corrompu, attendons les réponses du CACH et de LAMUKA. Tout le reste est relatif… Le 23 décembre c’est déjà demain…

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